Steve Ogle

Colombie-Britannique

Nombre de projets : 32

Valeur des terres : Selon les évaluations de la valeur des terres que CNC a conservées directement et avec des partenaires. 27 383 301 $

Acres conservés : 16 677

Bénévoles pour l’intendance : 845

Le don d’une vie

CNC

En 1990, Susan Bloom achète une petite île dans la baie Clayoquot afin de la préserver du développement. Vingt-cinq ans plus tard, elle fait don de la portion vierge de son île à CNC, pour en faire une réserve naturelle protégée. L’île Clayoquot (aussi nommée Stubbs) est située sur la côte ouest de l’île de Vancouver, non loin de Tofino, dans une région reconnue mondialement pour sa beauté et son importance écologique

À la suite de l’acquisition de l’île, Mme Bloom a fondé la Réserve de l’île Clayoquot, y laissant les forêts prospérer en tant qu’habitats naturels. Elle a également converti le site de l’ancien village en un jardin patrimonial florissant; elle détient toujours les droits de propriété pour les bâtiments, autonomes et à faible impact environnemental.

La portion de l’île donnée par Mme Bloom s’étend sur 93 acres (38 hectares) d’une forêt mixte ancienne et d’une forêt côtière secondaire de pruches de l’Ouest; un imposant littoral de promontoires rocheux et de plages de sable blanc s’y trouve également. Une promenade en bois mène les visiteurs depuis le centre de l’île à travers la forêt vers le rivage occidental, où les buissons de myrique du Pacifique, plante vulnérable à l’échelle provinciale, forment des bosquets touffus atteignant plus de 4 mètres.

Les plages et les zones intertidales de l’île constituent deux habitats ciblés pour la conservation : les dunes côtières et les lits de zostère marine. Plusieurs espèces sont présentes dans la région, dont le grand héron, l’huîtrier de Bachmann et la panope du Pacifique. L’île Clayoquot devient aussi le lieu d’un arrêt important durant la migration, tôt au printemps, pour des centaines de bernaches cravant.

L’accès à l’île est possible sur invitation seulement, puisqu’elle demeure une propriété privée.

En plus d’avoir fait don d’environ les deux tiers de sa propriété au profit de la conservation, Mme Bloom a également versé une importante contribution à CNC, qui servira à la gestion à long terme de la propriété.

Le Gouvernement du Canada a également consenti un financement supplémentaire, par l’intermédiaire du Programme de conservation des zones naturelles. Une partie de la propriété a d’ailleurs été donnée en vertu du Programme des dons écologiques, lequel procure des avantages fiscaux aux individus et aux entreprises faisant don de terres dotées d’une grande importance sur le plan écologique.

Lors d’une visite de la propriété Turtle Valley Farm, des employés de CNC ont trouvé un crapaud de l’Ouest et un lézard alligator du Nord. Deux découvertes intéressantes pour cette région, puisqu'elles témoignent de la grande richesse de la biodiversité de cette propriété.

Steve Short

En septembre 2015, CNC a confirmé avoir acquis 26 aires de conservation d’une grande importance sur le plan écologique de The Land Conservancy of British Columbia (TLC). Ce transfert de terres assure la continuité de la gestion et de la conservation de 26 propriétés, puisque TLC éprouvait des difficultés à régler une dette de plusieurs millions de dollars.

Ces terres protégées hautement prioritaire recèlent certains des habitats les plus importants pour la biodiversité en Colombie-Britannique. Couvertes de forêts, de milieux humides et de prairies, ces propriétés accueillent et abritent des oiseaux migrateurs, des grizzlis, des saumons et beaucoup d’autres plantes et animaux indigènes.

CNC a travaillé de concert avec TLC et d’autres organismes en conservation pendant plus d’un an afin de trouver un moyen d’assurer l’avenir de la conservation de ces terres protégées hautement prioritaires et de pourvoir à leur intendance à long terme. Trois des propriétés ont plus tard été transférées à la province de la Colombie-Britannique, afin d’être intégrées au réseau des parcs provinciaux et des zones protégées.

Les aires de conservation sont situées aux quatre coins de la province.

Des terriers « chouettes » construits pour la reproduction

Donald Dabbs

Les employés et les bénévoles de CNC contribuent aux efforts visant à offrir des terriers qui sont sûrs pour la chevêche des terriers, une chouette de petite taille, en Colombie-Britannique.

Selon Barb Pryce, directrice des programmes pour la région Intérieure-Sud à CNC, la construction d’une série de tanières pour la chevêche des terriers demande « des efforts considérables et l’aménagement d’infrastructures ».

CNC collabore avec d’autres organismes de conservation comme la Burrowing Owl Conservation Society de Colombie-Britannique (BOCSBC). « Conservation de la nature Canada a entrepris l’acquisition de nombreuses terres dans le sud de l’Okanagan et dans la région de Similkameen », indique Mme Pryce.

Alors que quelques populations prospèrent dans les États de Washington et de l’Oregon, la chevêche des terriers a été déclarée espèce disparue en Colombie-Britannique en 1980. La population avait diminué de 90 % au cours du siècle précédent, victime du développement et des prédateurs. Lorsque les autorités de la Colombie-Britannique ont tenté de réintroduire l’espèce en relâchant des individus dans la nature à la fin des années 1980, les chevêches refusaient tout simplement de creuser des terriers. C’est seulement en 1990, quand un groupe de bénévoles dévoués a entrepris un programme de reproduction en captivité et mis en œuvre une stratégie de réintroduction, que les efforts de réintroduction ont pris leur essor.

Habituellement, les chevêches des terriers occupent des tunnels abandonnés de marmottes ou de spermophiles, tirant parti de la structure déjà en place et apportent leurs propres modifications pour créer leurs nids. « Elles arrivent à creuser un peu, explique Lauren Meads, biologiste de la faune, mais elles préfèrent s’installer dans des structures établies. » Mme Meads, de la BOCSBC, passe beaucoup de temps à repérer des sites de nidification sûrs et sécuritaires sur le territoire de la Colombie-Britannique.

Environ 700 terriers ont été construits dans la province au cours des deux dernières décennies, et d’autres sont en voie de réalisation. « Nous souhaitons continuer à soutenir la Burrowing Owl Conservation Society non seulement en conservant son site de Badger Flats, mais en élargissant son programme par la création d’un nouveau site dans l’aire de conservation Sage and Sparrow », mentionne Mme Pryce.

Étant donné qu’environ 100 chevêches sont libérées dans la nature chaque année, on souhaite ardemment que l’espèce s’approprie véritablement ces environs. À moins que ces petites chouettes ne plongent les chercheurs dans la perplexité en décidant plutôt de se déplacer vers le sud.